mercredi 30 mars 2016

Serrer une main, faire confiance.

Qui peut se dire à l'abri de commettre un crime?

Qui n'a jamais été en colère au point d'avoir des idées violentes?

Qui n'a jamais aimé toucher la douce peau d'un enfant?

Qui n'a jamais eu envie de donner un coup de pied dans un être vivant sur son chemin (oiseau, chien, écureuil ou autre) pour le voir s'écraser plus loin?

Qui n'a jamais eu l'idée de mettre un petit objet dans sa poche au magasin, juste pour se sentir au-dessus des lois pendant un instant?

Qui n'a jamais fait quelque chose d'interdit pendant que personne ne regardait?

Qui n'a jamais souhaité sa propre mort ou celle de quelqu'un?

Qui n'a jamais ressenti de plaisir en assistant à une agression (cinématographique, théâtrale, réelle), quelle qu'elle soit?

S'il y en a, tant mieux, le monde est moins pervers que je ne me l'imagine.

Mais pas moi.

J'ai voulu tuer, voir mourir.
J'ai frappé, voulu faire mal.
J'ai trompé.
J'ai menti.
J'ai volé.
J'ai agressé mentalement, physiquement, verbalement, sexuellement, réellement, virtuellement.
J'ai attenté à ma vie.
J'ai eu du plaisir à voir souffrir.
J'ai juré.
J'ai maudit.
J'ai détruit.

Est-ce que ça me définit?

Suis-je une mauvaise personne?

Ai-je changé depuis hier?

Devriez-vous arrêter de m'aimer, de me considérer?

J'ai pourtant aimé.
J'ai voulu rendre des personnes heureuses.
J'ai aidé.
J'ai donné.
J'ai partagé.
J'ai voulu changer des choses pour le mieux.
J'ai fait du bien.
J'ai réfléchi.
J'ai créé.
J'ai construit.

Est-ce que tout ça s'annule si j'ai fait du mal?

Est-ce que l'amour cesse d'exister pour une action mauvaise?

Est-ce que l'art est moins valable si l'artiste a mal agi?

Il reste encore une infinité de personnes qui me feront confiance, une infinité de gens à qui je tendrai la main et en qui j'aurai confiance.

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