mardi 26 avril 2022

Les médias, le nouveau clergé? ou Réponse à la prof qui disait "les morons qui manifestent à Ottawa" ou Épidémie d'aveuglement ou Entracte 9.1

Objet : Généralisation et malaise

Salut [nom de l'enseignante],

Je ne voulais pas faire un débat en classe, alors je t'écris ici. Ce message pourrait s'adresser à un paquet de gens, mais tu as l'immense privilège que je m'adresse à toi en particulier et ce, en tout respect. Ça fait trop de fois que je ravale et maintenant il faut que ça sorte.

Sache que je t'apprécie beaucoup comme enseignante, que je sais que ce n'était pas ton intention de mettre quelqu'un mal à l'aise et qu'il est actuellement bien vu en général de porter un jugement défavorable face aux manifestants s'opposant à la vaccination obligatoire, mais il serait faux de dire que je n'ai pas été blessée par tes propos. J'ai le rêve que les divergences d'opinion à ce sujet soient de plus en plus admises et que le fait de se questionner et de faire un choix "marginal" quant au vaccin cesse d'être perçu comme un signe de "moronisme" ou pire encore, une menace sanitaire et démocratique. Aussi, de résumer le conflit actuel en opposition "pro-vax" vs "anti-vax" est un dangereux raccourci. On peut, oui, parler de vaccinés et de non-vaccinés, mais non-vacciné n'est PAS un synonyme d'"anti-vax" ou "moron", pas plus que vacciné veut dire "pro-vax" ou "intelligent". Bien des gens l'ont fait sous la contrainte, il ne faut pas l'oublier. Personne ne pourra me convaincre que tous les gens qui sont allés manifester à Ottawa sont des morons, de même qu'ils sont loin d'être tous "anti-vax", comme les médias se plaisent à le dire. J'avais très envie d'y aller moi-même. Tu comprendras ici que j'ai choisi de ne pas me faire vacciner et que je ne pense pas manquer d'intelligence. Mes arguments sont beaucoup plus étoffés que "Fuck Legault" ou "Fuck Trudeau", ces dirigeants appliquant malgré tout, selon moi, certaines mesures ségrégationistes et pas du tout sanitaires. Je ne m'oppose pas au vaccin ou aux vaccinés, je suis POUR le droit au consentement, au libre choix, et contre le passeport vaccinal, comme la majorité des personnes qui militent en ce moment, bien que pour beaucoup, cela reste fort maladroitement exprimé, j'en conviens. Oui certains veulent la destitution ou même la mort de nos premiers ministres, mais il y a souvent là-dedans un fort sentiment d'abandon qui date de bien avant la pandémie et avec raisons (l'écart entre les classes sociales, tu connais? 😉). Le conflit actuel est quasi religieux, en ce sens que des deux côtés (il y a beaucoup plus que deux positions, mais pour alléger le texte, disons que c'est ça), les convictions et arguments reposent davantage sur des croyances en ce qui reste des hypothèses non prouvées que des faits. Pourquoi en est-il ainsi? Parce que l'humain déteste vivre dans l'incertitude. Alors on offre des certitudes aux gens, certitudes auxquels ils adhèrent ou pas. Chacun "se range d'un côté"  et s'appuie sur ce qu'il perçoit être la vérité. Mais la vérité, c'est qu'il n'y en a pas qu'une seule pour tous et ça c'est inconfortable. Et cette multitude de vérités se situe quelque part au coeur du conflit et de la tension sociale ayant cours. Je ne comprends pas pourquoi on démonise automatiquement les journalistes qui s'expriment en dehors du consensus et qu'on permet, que dis-je, qu'on encourage des démagogues à cracher leur venin sur un groupe de personnes incomprises et sans mauvaises intentions. J'ai choisi de ne pas me faire injecter tout simplement parce que je ne me sentais pas concernée par ce vaccin (mais je me prépare mentalement depuis cet été à faire de la prison pour ce choix). J'ai eu la COVID aux fêtes comme une vaste majorité d'individus, vaccinés ou pas, et non je ne suis pas allée à l'hôpital, pas plus que mes amis vaccinés qui l'ont eue et qui ont eu plus ou moins les mêmes symptômes que moi. Je sais, l'échantillonage n'est pas assez varié, tu me diras, mais tout de même. J'ai aussi eu la varicelle quand j'étais petite et j'ai eu H1N1 en 2010. Je n'ai pas plus besoin de ces vaccins. Je ne me fais jamais vacciner contre la grippe non plus et je ne reçois pas de menaces de la part de la santé publique à ce sujet. Mais revenons à la COVID. Sachant que j'ai eu la maladie et que je suis immunisée pour ce qui semble être environ 6 mois, je ne vois pas l'intérêt de recevoir le vaccin maintenant, d'autant plus qu'il n'empêche ni de contracter la maladie, ni de la transmettre, qu'il est adapté à un variant n'existant déjà plus et que, épidémiologiquement parlant, les nouveaux variants (on le voit avec Omicron) sont et seront en principe de moins en moins dangereux. Finalement, oui je considère que c'est une atteinte à la liberté, quoi qu'en pensent les bien pensants, que d'empêcher une personne en bonne santé de fréquenter certains lieux sous prétexte de statut vaccinal (ce qui a toujours été confidentiel pour tous à ce jour, à l'exception des travailleurs de la santé) et que cette personne a simplement exercé son droit au consentement et sa liberté de choix, tel que le prescrit la loi sur la santé et les services sociaux, surtout que les fameux détenteurs du fameux passeport peuvent être asymptomatiquement contagieux et fréquenter ces mêmes lieux.

J'aurais beaucoup plus à dire, mais je vais m'arrêter ici. Je ne vais pas régler un problème de société en m'adressant à toi, je sais, mais j'ose espérer que j'aurai planté une petite graine et que tu sauras m'apprécier malgré le fait que nous ne partageons pas le même point de vue. Ce que je souhaite plus que tout, c'est que le dialogue et les esprits s'ouvrent un peu plus pour laisser place à l'harmonie et la paix.

Ouf, ça fait du bien.


Merci de m'avoir lue.

Sans rancune aucune,

Élisabeth

5 février 2022

S'opposer ensemble au supplice, croire à la solidarité.

Ils se sont trompés de supplice.
Bravo le Capital.
Bravo le Mal.
Vous êtes forts.
Vous avez travesti la soumission en solidarité.
J'ai mal à mon humanité.
Est-ce le moment de se replier?

Deux ans plus tard,
La même histoire.
Même qu'ils en redemandent. 
C'est sécurisant de se sentir surveillé.
Pas obligé de savoir qui on est.
On est ce que vous voulez.
On est ce qu'il vous faudrait.

Moi j'embarque pas.
J'embarquerai jamais.
Je les regarderai crever.
Je vous cracherai au visage quand vous m'emmènerez...

Au cachot.

Allô? Y a quelqu'un?

dimanche 15 août 2021

Rendre service, croire en l'humanité.

Ah ouais!?
Tu penses que tes petites actions vont changer le monde, toi?
J'aimerais bien être optimiste comme toi.
Sans blague.
Ça prendrait une grève générale prolongée de tous les travailleurs du secteur industriel.
Que dire.
Un grève générale mondiale, point.
Et un boycott général aussi.
Comment on fait ça??
Je ne suis pas une leader.
J'ai des idées bien trop à côté de la track sociale pour être écoutée et entendue.
Avec cette pandémie de la soumission, on a accéléré notre régression pendant l'accélération des pires prédictions.

"Il y avait un jardin qu'on appelait la Terre..."

Heureusement il reste encore quelques gens lucides.
On s'organisera entre nous pour le temps qu'il reste.

Poussière...

Trois malheurs pour le prix d'un ou Faire des enfants ou Entracte 9

Ton destin de femme est d'être mère.
Ah bon.
Le destin veut que je sois malheureuse, qu'un enfant sans défense soit malheureux, dans une humanité malheureuse qui ne sait que courir à sa perte en se reproduisant.
Beau programme.
Ce qui nous rend illusoirement heureux nous tue.
C'est vrai pour tout.
À commencer par la famille.


Décroissance. Autosuffisance.

Une solution.

Des milliards d'aveugles.

dimanche 29 janvier 2017

Recevoir une étreinte, croire en l'amour.

Il est là et je n'y crois pas.
Je le repousse.
Je le retarde.
Je le sabote.
L'amour.

Jamais l'impression d'avoir fait le bon choix.
Je le mets en doute.
Je le réexamine.
Je le questionne.
Mon amour.

Quand serai-je en paix?
Je le reçois pourtant.
Je le regarde partir.
Il me terrorise.
Cet amour.

J'ai envie de fuir.
De remettre les autres souliers.
Ceux que je connais.
Qui ne me surprendront jamais.
Ne m'iront jamais tout à fait.

J'ai peur.
De lui mentir.
De le tromper.
De lui faire de la peine.
Qu'il se tue.

Il me prend dans ses bras.
J'y crois.

mercredi 22 juin 2016

Recevoir un sourire, vivre une grande reconnaissance.

En tout cas, la personne qui va acheter l'emplacement à suicide ne fera pas d'argent avec moi. Si je tombe là, ce sera parce que l'on m'y aura poussée. J'ai un grand chagrin de vous l'annoncer, mais ma mort, je ne l'aurai pas provoquée. Il reste toujours trop de beaux moments à vivre et comme je remets toujours tout au lendemain, je n'ai pas fini de remettre le jour où la grande faucheuse me prendra. Vous pouvez dormir comme des loires ou des bûches sur vos deux oreilles les poings fermés. Tout est dit et il reste toujours quelque chose à dire.

Les gens semblent déceler chez moi quelque chose que je ne perçois pas encore. Même quand j'affiche mon plus bel air de boeuf, on me sourit toujours. Pourquoi? Dur à dire. On dirait que l'amour d'eau truies m'est tout à fait inconditionnel.


Comme hier, par exemple. Qui a dit qu'une rupture se devait d'être triste? C'était grandiose, flamboyant. Pas un grand drame déchirant. Enfin juste un peu. Beaucoup. Mais rempli de considération. Me faire laisser comme ça, n'importe quand. On recommence, ok? Laisse-moi encore. C'était bon. C'était doux. C'était puissant. Elle ne sait pas ce qu'elle manque, elle. J'ai le meilleur des deux monde. La liberté et la passion. Je trippe. Je flotte sur un petit nuage. Je vole. De la maudite bonne drogue. Mieux qu'une déclaration d'amour. Une déclaration de respect. De regret du manque de synchronicité. C'est pas beau ça?

Comme aujourd'hui, aussi. Les bonnes nouvelles qui n'arrêtent pas. De la musique, des amis, des vacances qui s'en viennent. Du chant, du chant et encore du chant. Des gens que j'aime qui m'aiment. Je suis nourrie, choyée, comblée.

Qui a dit que le malheur seul faisait l'encre couler? Bon ce n'est peut-être pas aussi profond et intéressant, je l'admets, mais.

J'aime la vie, la vie m'aime.

C'est tout.



Suis-je juste une fille ou suis-je folle?

samedi 2 avril 2016

Fiction no 2 ou Entracte 8.2

Emplacement à suicide à vendre (avec revenu)
Ce lieu historique a recueilli les corps de nombreux membres de l'équipage de Jacques Cartier lors de sa première visite en Amérique.

Très bien situé. Près de toutes les commodités. Certifié éco-responsable, biologique et équitable. Si panique, ambulance sur place en 2 minutes. Revenu minimum garanti: 500$/mois (minimum 100$/suicidé). 200 000$, ferme. Formations Inciter au suicide, Achever un semi-noyé et Repêcher un cadavre incluses.

Faites vite. Appelez sans frais au: 

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