Obsession.
J'ai noté ta plaque d'immatriculation.
Enfin, les trois derniers caractères.
Toi et tous les autres avant.
Je rôde autour de chez toi et dans tous tes quartiers.
Quand je vois ta voiture, je sais où tu es et ce que tu fais.
Ça m'apaise, ça m'énerve.
Je reste loin et j'observe.
Je reste fixée à distance jusqu'à ce qu'une ombre entre dans la voiture, démarre et disparaisse.
Je deviens spectatrice de ton quotidien, spectatrice du mien.
La roue s'est arrêtée de tourner.
Encore.
Je ne redeviens plus que l'enchaînement du temps avant un nouvel amour ou bien ton retour.
Tu es le maître du jeu.
Je suis le maître des marionnettes.
Tu décides.
Je manipule ton indécision.
Comme toujours.
Non.
Comme jamais.
Je ne sais même plus si c'est ma vérité ou de la comédie.
Si c'est ce dont j'ai besoin ou ce dont j'ai envie.
Si je t'aime ou si je t'avilis.
Déception.
Pourtant ta seule faute, s'il en est une, aura d'avoir été honnête à mon égard.
La mienne, de ne pas avoir voulu y croire.
Toi et tous les autres avant.
Je dessine des plans imaginaires pour te reconquérir.
Je ne sais même pas si c'est ce que je souhaite.
Ça m'apaise, ça m'énerve.
Je ne t'en dis rien et je délire.
Je t'imagine en train d'essayer de me rayer de ton existence, de savamment m'ignorer.
Je deviens celle qui ignore sa propre indifférence et qui a peur d'être oubliée.
La vie soudainement perd son sens.
Momentanément.
Je redeviens la petite fille qui se cache et qui a peur d'être retrouvée avant l'éclosion du cocon.
Tu es le gestionnaire de mon destin, le gardien des clés de ma liberté.
Sache que je sais que tu sais que je sais que ce n'est que temporaire.
Tu mènes le bal.
Je te suis en imposant mon pas.
Plus que jamais.
Oui.
Plus que toujours.
Je ne sais même plus si tu m'as quittée ou si tu m'as dit de t'attendre.
Si je l'ai imaginé ou si tu l'as réellement énoncé.
Si je te poursuis ou si je te fuis.
Compulsion.
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